le Baphomet : l'idole des Templiers - Chapitre I Etude comparée des auteurs Etude par D. Castille

Publié le 14 Novembre 2009

  • Pour Ernest Babelon, dans la Grande Encyclopédie (tome 5 pages 307 et 308 ), le Baphomet doit se regarder comme étant un objet exécuté par les membres d’une société secrète d’origine kabbale ou Gnose.
  • Pour Ulysse Chevalier, c’est une tête que les Templiers étaient censés adorer et dont Hammer a retrouvé plusieurs échantillons représentatifs dans le Cabinet des Antiquités du muséum impérial de Vienne. C’est cette découverte et les caractères empruntés aux Gnostiques et retrouvés dans la Franc-maçonnerie qui inspire la thèse gnostique des Templiers remettant leur savoir aux Francs- maçons.
  • Pour Hammer-Purgstall (Joseph de), dont nous parlerons des travaux un peu plus loin, dans l’histoire des Templiers, il faut comprendre que Bahumed ou Bahumet était l’une des formules occultes des Gnostiques et dont ils se servaient pour rendre hommage à l’idole en forme de veau (sic) dans leurs assemblées secrètes. Les Templiers auraient, en outre, acquis quelques connaissances des hiéroglyphes en Syrie. Baphomet dériverait de Baphomêtides ou Baptême de la Sagesse ou encore de la Sophia des Ophites.
  • Sylvestre de Sacy soutenait qu’il s’agissait d’une altération du nom de Mahomet, basant son argumentation sur le mot Bahomerid signifiant mosquée.
  • D’autres chercheurs, en décomposant le nom Baphomet, arrivèrent à l’explication: Baphé = baptême et Meteos = initiation, ce qui pouvait aussi évoquer une initiation par le feu.
  • Victor Emile Michelet assura qu’il s’agissait d’une formule abrégée: "TEMpli Omnium Hominum Pacis ABbas" qui, lue à l’envers donne le mot BA.P.H.O.MET.
  • Pour Albert Ollivier, il est curieux que personne n’ait songé à rapprocher le Baphomet de Bapho, un port de Chypre, car, dans les temps reculés, Bapho ou Baffo avait eu un temple consacré à Astarté, à la fois Vénus et Lune, Vierge et Mère et qu’on vénérait sous la forme d’une Pierre Noire, avec les sacrifices d’enfants qui s’imposent dans tout rite un peu païen (ce qui n’est pas sans rappeler les rumeurs pseudo-gnostiques qui accusaient les Templiers de faire rôtir les enfants afin d’en recueillir la graisse qui servait à la fabrication de baumes protecteurs.)
  • Albert Ollivier souligne aussi que "c’est un sergent du Mont-Pezat qui s’accusa d’avoir adoré une image baffométique" alors qu’on ne lui demandait rien de cela. En langue d’Oc, ces propos signifiaient qu’il avait adoré une image de Mahomet. C’est sans doute la première fois où fut mentionnée l’idole dans le procès et dont l’existence deviendra une quasi réalité aux yeux des différents inquisiteurs.
  • Pour V.E Michelet (Dossier de l’Histoire n° 17), "l’esprit grossier des inquisiteurs" ne pouvait voir dans le Baphomet que le Diable. Il reprend la forme TEMpli Omnium Hominum Pacis ABbas qu’il explique comme étant "la configuration sculpturale d’un arcane, figure qui, sous des formes variées, recouvre de ses grandes ailes les frémissements intérieurs de son secret. C’est le Kheroub d’Assyrie et d’Israël, le Kharouf arabe, le Sphinx de l’Egypte et de la Grèce, c’est le pentacle fondant en une seule figure les quatre animaux divins qu’accompagnent les quatre évangélistes et qui supportent le trône du Dieu de l’Apocalypse." (Nous sommes ici, dans le pseudo-gnosticisme).
  • Les chercheurs modernes voient dans le diable "d’esprit baphométique" du portail de l’église Saint-Merri de Paris, une représentation androgyne qui fait songer aux "noces chimiques", à l’androgynie primordiale, etc.
  • Pour l’incontournable Gérard de Sède, il faut plutôt voir la traduction: "Teinturier de la lune" dans Bapheus Mété, et dans ce cas, nous explique Charpentier qui soutient lui aussi cette interprétation, il faudrait lire dans "in figuram baffometi" du frère Gaucerant (qui n’est autre que le sergent de Mont-Pezat):" à la manière des Teinturiers de la Lune", ce qui, en Alchimie, désigne le Grand-Oeuvre, la transformation de l’argent en or.
  • Louis Charpentier, après avoir passé en revue les différentes interprétations, dit qu’au Moyen-Age, de telles figures étaient connues sous le nom de "têtes enchantées" réputées animées par le Diable lui-même et que le peuple les nommaient "têtes de Mahomet". Le pape Sylvestre II (Gerbert d’Aurillac, ancien évêque de Reims) en aurait possédé une, une sorte d’automate savant, tout comme la petite histoire rapporte que Albert le Grand en aurait possédé une lui aussi. Le sorcier El Ghirby, du Caire, aurait eu en sa possession une telle tête qui, sous l’influence d’un esprit, rendait des oracles.
  • Enfin, pour Henri Sevin, le titre de son livre parle pour lui: "L’énigme des Templiers et le Saint-Suaire." C’est, à ma connaissance, le seul chercheur qui, comme moi, relie ces deux éléments. Aurait-il eu accès à quelque renseignement d’importance ? L’avenir nous le dira.





  • suite  :  Chapitre II : le Baphomet selon Hammer-Purgstall

Rédigé par brachium templarii

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