le var -- marie madeleine aurait fini ces jours dans le var

Publié le 28 Août 2010

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Ce cadre étant posé, il nous permet d’aborder sous un angle neuf la geste provençale de Marie Madeleine. Bien que sujette à contestation pour d’aucun, la venue de Marie Madeleine en Provence, est avérée par des écrits fort anciens (notamment un manuscrit du Ve siècle) dont s’inspira Raban Maur au IXe siècle pour rédiger sa vie de Sainte Madeleine et Sainte Marthe, sa soeur. L’histoire des reliques de la Sainte vénérée à Saint Maximin et à Vézelay en même temps peut nous paraître douteuse. Elle naît au Moyen Age, en pleine guerre des reliques. Néanmoins, le fond dont elle s’inspire, la tradition voulant que Marie Madeleine ait débarqué à Marseille en compagnie d’autres proches de Jésus, ne saurait être considéré avec la même suspicion.

L’épisode le plus marquant de la geste magdalénienne en Provence est sans doute le retrait érémitique de Marie Madeleine à la Sainte Baume où elle aurait fini sa vie dans la contemplation des choses célestes. Les représentations de la Sainte en prière dans la grotte sacrée sont courantes. Ce foisonnement iconographique autour de la pénitence de Marie Madeleine occulte toutefois toute une partie de la geste provençale de Marie Madeleine et des siens. Raban Maur, puis Voragine à son tour, rapportent la fondation d’églises et de communautés chrétiennes ascétiques par Sainte Marie Madeleine et Sainte Marthe. Si le clergé provençal défend avec une passion certaine ce légendaire apostolique entourant l’arrivée de Marie Madeleine à Marseille, la position de l’Eglise, au rang national, est peut- être plus nuancée. La légende des Saintes Maries de la mer est mise de côté dés lors qu’il est question d’aborder dans une perspective historique, émana-t-elle d’hommes d’Eglise, l’évangélisation de la Gaule. La christianisation de la Provence ne commence, pour l’historien, qu’au IIIe siècle. Bien après, donc, Marie Madeleine.

L’exemple d’Alexandrie peut nous aider à comprendre ce qui s’est passé en Provence. On sait aujourd’hui que si l’émergence du christianisme à Alexandrie est entourée de zones d’ombres, c’est parce que le premier christianisme alexandrin a été gnostique. Le parti orthodoxe, qui prit par la suite le dessus, s’efforça d’effacer ces origines hérétiques. La même chose se passa-t-elle en Provence ? Il est bien évidemment impossible de le prouver dans le cadre de cet article, et un ouvrage plus vaste, s’il apportait plus d’éléments de réflexion à la sagacité du lecteur, n’y satisferait pas davantage. Quelques éléments tendant à accréditer cette piste peuvent toutefois être suggérés.

Rédigé par brachium templarii

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